samedi 25 février 2017

S'il ne restait qu'un chien


Concert, disque ou papier ? Je peine à me souvenir de la chronologie. Toujours est-il que j'avais un jour vu D' de Kabal sur scène, l'avais lu – Chants barbares, soyons précis (un beau livre hybride, un peu bâtard, entre poésie et théâtre) – et avais écouté l'ensemble de ses disques solo. Je peine également à me souvenir des premiers pas de cette idée, mais elle m'est bien venue, d'un coup d'un seul, l'un des titres de Soliloques du chaos tonnant dans mes petites enceintes : écrire un texte-fleuve, un récit en vers libres, un poème qui n'existerait qu'à la condition d'être dit, scandé, rappé. D' de Kabal serait la voix d'un port qui me tient à cœur ; il aurait quelques siècles et la mémoire toute cabossée. Je noircis une dizaine de pages, les lui adressai sans savoir qu'il avait déjà entendu parler de mon travail : se montrerait-il partant ? Il le fut. Le reste se fit dans une grange de la Manche, en Kanaky et en banlieue parisienne – micros, crayons, carnets, répétitions et compositions avec les musiciens de Trio•Skyzo•Phony.


(Visuel : Rezvan S.)